Apprendre à écouter, même quand ce n'est pas claire...
- luciedallaire13
- Apr 23
- 3 min read
Après avoir exploré la peur, la tristesse, la colère, le dégoût et la joie, on pourrait penser que tout devient clair. Malheureusement, dans notre réalité, c’est rarement aussi simple.
Les émotions ne se présentent pas toujours une à la fois, bien rangées, avec un message clair. Elles s’entremêlent, se superposent… et parfois même se cachent les unes derrière les autres.
Le dégoût et la colère, par exemple, sont deux mécanismes de protection… mais ils n’agissent pas de la même façon :
• le dégoût nous éloigne de ce qui est perçu comme toxique ou inadéquat
• la colère, elle, nous pousse à agir, à défendre, à rétablir une limite
Dans la vraie vie, les deux peuvent se mélanger, et ce n’est pas toujours évident de savoir si on doit se retirer… ou se positionner.
Et puis il y a toutes ces émotions qui en cachent d’autres.
La colère qui prend toute la place, alors qu’en dessous, il y a de la tristesse qui n’a jamais été entendue.
Une tristesse qu’on a appris à tasser très tôt, parce que, quand on pleurait, on entendait :
« Ce n’est pas grave »
« Relève-toi »
« Passe à autre chose »
Alors, tranquillement, quelque chose se construit.
On ravale.
On se ferme.
On apprend que cette émotion-là… dérange.
Imagine un enfant qui tombe à vélo, qui se fait mal, qui pleure. Pas juste parce que ça fait mal physiquement, mais parce qu’il est déçu, qu’il n’a pas réussi, qu’il est frustré, ébranlé. Et au lieu d’être accueilli, on lui dit d’arrêter et de passer à autre chose.
Son besoin de réconfort reste là.
Non répondu.
Alors, avec le temps, une autre émotion prend la place.
La colère.
Parce qu’elle, on l’entend.
Elle est plus forte.
Plus visible.
Elle dérange assez pour qu’on y réagisse.
Et sans s’en rendre compte, on développe un réflexe :
• on se met en colère… quand on est blessé
• on s’impatiente… quand on se sent ignoré
• on réagit fort… quand, au fond, on aurait juste besoin d’être consolé.
Avec le temps, la colère devient plus accessible, plus rapide et pas mal plus “efficace” pour se faire entendre.
Mais elle ne remplace jamais ce qui est en dessous.
Parce qu'elle ne raconte pas toute l’histoire…
Elle nous protège.
Parfois, même la joie peut venir brouiller les repères. Pleurer de joie, par exemple, nous rappelle à quel point le corps ne fait pas toujours la différence entre une émotion intense et une autre.
Oui, il y a ce trop-plein :
• trop de bonheur
• trop d’émotion
• besoin de relâcher
Le corps libère.
Mais il n’y a pas que ça.
Parfois, ces larmes-là portent autre chose.
Quelque chose de plus ancien.
De plus profond.
Comme un soulagement.
Un moment de joie peut venir toucher un espace qui, lui, a longtemps été en manque.
Imagine un souper en famille rempli, chaleureux, vivant.
Et sans prévenir… les larmes montent.
Pas parce que ce moment est triste, mais parce qu’il vient résonner avec toutes les fois où il y a eu du vide, de la solitude, un manque de connexion.
Et là, enfin… le corps peut relâcher :
• ce qui n’a jamais été pleuré
• ce qui n’a jamais été nommé
• ce qui n’avait pas d’espace pour exister
La joie ouvre la porte.
Et la tristesse, longtemps retenue, en profite pour sortir.
Ce n’est pas contradictoire.
C’est profondément humain.
Au final… ce n’est pas tant de bien “identifier” chaque émotion qui compte.
C’est d’arrêter de les mettre de côté.
D’arrêter de les minimiser.
D’arrêter de faire comme si elles n’étaient pas là.
Parce que chacune d’elles a un rôle :
• nous protéger
• nous informer
• nous orienter
• nous faire évoluer
Et plus on les écoute… plus elles deviennent claires.
Plus on les évite… plus elles se mélangent et créent des déséquilibres.
Pour notre santé physique, mentale, émotionnelle et relationnelle…le plus important n’est pas de tout comprendre parfaitement.
C’est d’arrêter de fuir.
De ressentir.
D’écouter.
De reconnaître ce qui est là.
Même quand c’est inconfortable.
Parce qu’au fond…une émotion écoutée se transforme.
Une émotion ignorée s’accumule.
Et la vraie liberté commence le jour où on cesse de vouloir contrôler ce qu’on ressent. 💛
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