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Le dégoût : Quand le corps dit : « Ça, c’est non. »

On parle souvent de la peur.

Un peu plus de la colère.

De plus en plus de la tristesse…

Mais il y a une émotion dont on parle très peu, et pourtant elle est extrêmement puissante :


Le dégoût.


Une émotion qu’on préfère éviter, banaliser… ou même juger.

• Parce qu’elle dérange.

• Parce qu’elle est intense.

• Parce qu’elle peut être brutale.

Et pourtant… le dégoût est une émotion profondément intelligente.


À la base, c’est un mécanisme de protection. Un réflexe rapide et instinctif qui nous éloigne de ce qui pourrait nuire à notre corps : une odeur suspecte, un aliment avarié, quelque chose de contaminé. Le corps ne réfléchit pas, il réagit ! Il se ferme, repousse, crée une distance.


Mais le dégoût ne s’arrête pas au physique.


Il existe aussi dans nos relations, dans nos perceptions, dans nos valeurs. On peut ressentir du dégoût face à une attitude, un comportement, une dynamique… quelque chose qui ne « passe pas », sans toujours être capable de l’expliquer clairement.


Et c’est là que cette émotion devient particulièrement intéressante.


Parce qu’au-delà du rejet, le dégoût agit comme un miroir. Il vient révéler ce qui est important pour nous. Il met en lumière une limite, un désaccord profond, quelque chose qui vient heurter notre intégrité. Autrement dit, il ne parle pas seulement de ce qu’on rejette… il parle de ce qu’on veut protéger.


Biologiquement et émotionnellement, le dégoût a un rôle essentiel :


• Protection physique

Il agit comme une barrière naturelle contre ce qui peut nuire à notre santé (toxines, bactéries, contamination).


• Réaction instinctive

Il déclenche un rejet immédiat (haut-le-cœur, recul, fermeture) pour éviter l’ingestion ou le contact.


• Protection psychologique

Il nous éloigne de ce qui nous fait du tort, même sur le plan émotionnel ou relationnel.


• Miroir des valeurs

Il met en lumière ce qui est inacceptable pour nous, ce qui heurte nos repères internes.


• Délimitation des frontières

Il nous aide à reconnaître ce qui est bon pour nous… et ce qui ne l’est pas.


Comme toutes les émotions, le dégoût ne se manifeste pas toujours de façon intense. Il peut être très subtil au départ : un inconfort, une impression de recul, un « ça ne me tente pas » difficile à nommer. Puis, s’il n’est pas écouté, il peut prendre de plus en plus de place.


Il peut glisser vers l’évitement, le jugement, l’intolérance… puis vers quelque chose de plus dur comme le dédain, le mépris… et se rendre jusqu’à la haine ou la répugnance.


L’émotion reste la même

Seule l’intensité change.


Et souvent, plus c’est intense… plus ça touche quelque chose de profond.


Le dégoût est aussi étroitement lié au rejet. Un rejet de ce qui est perçu comme inacceptable, déplacé ou contraire à nos repères internes. Mais ce rejet n’est pas toujours dirigé vers l’extérieur. Parfois, il se retourne vers soi. On peut ressentir du dégoût face à un choix, une réaction, une partie de soi-même… et ainsi se diriger tranquillement vers la honte.


Et c’est là que ça devient plus délicat.


Parce que ce qui, au départ, sert à nous protéger… peut aussi nous nuire et devenir une coupure. Une façon de se fermer, de se juger, de se rejeter soi-même…


Et comme pour toutes nos émotions, il est important de distinguer deux choses : l’émotion de dégoût et l’état de dégoût.


L’émotion, elle, est rapide. Elle apparaît, envoie un message clair — « ça ne me convient pas » — puis elle redescend. Elle peut passer par le corps : un haut-le-cœur, une nausée, un mouvement de recul. C’est le corps qui parle, sans détour.


Mais l’état de dégoût, lui, s’installe quand on reste accroché à ce rejet.

• On nourrit le jugement

• On rumine

• On alimente intérieurement ce qui nous dérange


L’émotion ne circule plus, elle se fige. Elle reste coincée, s’accumule… et finit souvent par s’exprimer ailleurs, notamment dans le corps. Et comment pensez-vous que le corps exprime : « je ne digère pas » ?

• Reflux gastrique

• Brûlements d’estomac

• Ulcères…


À ce moment-là, le dégoût ne fait plus que passer… il s’est installé.


Et se transforme en fermeture, en rigidité, en mépris… voire en rejet profond.

On ne cherche plus à comprendre.

On coupe.


Le dégoût nous aide à tracer une ligne. À reconnaître ce qui est bon pour nous… et ce qui ne l’est pas.


Mais encore faut-il être capable de l’écouter… sans s’y enfermer.


Parce que le but n’est pas de devenir tolérant à tout, le but, c’est de devenir conscient.


D’écouter :« Ark, ça m’écœure »


…et se poser la question :

« Est-ce que ça dépasse vraiment une de mes valeurs…

ou est-ce que ça vient activer une croyance que je porte ? »


L’une est une réaction. L’autre est une compréhension.


Le dégoût n’est pas le problème, il ne fait que dire :« Ça, ce n’est pas pour moi. »


Le vrai défi, c’est d’arrêter de se trahir pour être accepté… et d’oser vivre en cohérence avec ses valeurs.

 
 
 

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