La joie : Quand le cerveau dit ‘’j’aime ça… j’en veux plus’’
- luciedallaire13
- Apr 13
- 4 min read
On associe facilement la joie à ces moments où quelque chose de beau arrive, comme
• Une rencontre.
• Une réussite.
• Un achat.
Et oui… il y a quelque chose de vrai là-dedans, puisque la joie est une messagère, au même titre que les autres émotions que j’ai décrites dernièrement. C’est une émotion qui passe à travers nous et qui peut prendre différentes formes selon ce qu’on vit :
• une promotion peut amener de la fierté
• une rencontre peut éveiller du désir
• un achat peut créer de l’excitation
Toutes ces émotions sont utiles parce qu’elles viennent nous dire quelque chose. Comme pour toutes les autres émotions, ça devient intéressant lorsqu’on prend le temps de l’écouter, quand on ne s’arrête pas seulement à la sensation de bien-être instantané, mais qu’on conscientise ce qu’elles racontent sur nous.
Prenons quelque chose de simple comme acheter sa première voiture.
Est-ce que la satisfaction et la fierté viennent du fait d’avoir fait des choix de vie alignés avec notre besoin ? D’avoir eu la constance de dire :
« Non, je choisie de ne pas aller au restaurant avec vous ce soir… »
« Non, je choisie de ne pas aller au cinéma… »
« Non, je ne m’achète pas cette super belle veste… »
Sans ressentiment, sans remords ni regrets, mais en gardant les yeux sur ce but important pour nous ?
Ou est-ce que votre fierté vient du regard des autres, de tous vos amis qui vous encensent de compliments pour votre accomplissement ? Est-ce que vous utilisez cette nouvelle acquisition pour vous remonter le moral, gonfler l’estime et réussir enfin à vous dire « wow, moi je suis hot » ?
Dans un cas, il y a une fierté qui nourrit.
Dans l’autre, il y a une dépendance qui s’installe.
Et ça change tout.
Parce que biologiquement et émotionnellement, la joie a un rôle essentiel.
La joie est bénéfique à bien des points de vue : elle entraîne la production de tout un tas d’hormones :
• La dopamine (hormone du plaisir)
• La sérotonine (hormone de la bonne humeur)
• L’adrénaline (hormone de l’excitation)
• L’ocytocine (hormone du lien social)
C’est un concentré de vitamines mentales qui aide à plusieurs niveaux.
• Régulation du stress :
Elle diminue le cortisol, détend le corps et favorise un état de bien-être global.
• Élan vital :
Elle donne de l’énergie, motive, ouvre à l’action et au mouvement.
• Connexion et ouverture :
Elle facilite le lien, le partage et renforce les relations.
• Résilience :
Elle permet de traverser les défis avec plus de souplesse et de recul.
• Créativité et expansion :
Elle ouvre l’esprit, stimule les idées et favorise l’adaptation.
Mais là où ça se joue vraiment… c’est dans notre rapport à elle.
Parce qu’on nous a appris à chercher la joie
• dans les résultats,
• dans les relations,
• dans les biens accumulés.
Alors qu’en réalité la joie n’est pas quelque chose à trouver, c’est quelque chose à laisser émerger.
C’est l’état de base de l’être humain.
Il y a ici aussi une différence entre l’émotion de joie et l’état de joie.
Et contrairement aux autres émotions mentionnées précédemment, l’état de joie est un état vers lequel on devrait tendre…
Parce que l’émotion de joie, dans toutes ses nuances, de l’enjouement à la jubilation en passant par la fierté et la confiance, passe en nous pour nous murmurer à l’oreille : « ça j’aime ça et j’en veux plus ».
Et c’est là où ça se joue vraiment : quelle est la direction qu’on prend avec ça.
Parce que toutes ces émotions-là, aussi agréables soient-elles…
Elles montent.
Et elles redescendent.
Si on base notre état intérieur uniquement là-dessus, on devient dépendant de ce qui fait monter l’émotion : jeux, achats, alcool, drogue, reconnaissance, compliments, et j’en passe.
L’état de joie ne dépend pas d’un événement, ne dépend pas d’une personne ou d'une chose.
Elle est plus silencieuse.
Moins spectaculaire.
Beaucoup plus stable.
C’est une sensation d’être bien… sans avoir besoin de rajouter quelque chose.
Un espace où on est capable d’être bien avec soi-même… sans avoir besoin d’être distrait, validé ou rempli de l’extérieur.
C’est là que l’autonomie émotionnelle entre en jeu.
Être capable d’être bien…
même quand il ne se passe rien de spécial,
même quand personne ne regarde,
même quand il n’y a rien à prouver,
et même quand le monde qui nous entoure tourne tout croche.
Être en mesure de reconnaître celles qui montent rapidement, qui ne durent pas longtemps et qui redescendent tout aussi vite.
La mettre de côté et avoir la capacité de se diriger vers cette autre joie,
Celle qui détend.
Celle qui fait sourire sans raison.
Celle où le temps passe… sans s’en apercevoir.
C’est celle-là qu’il faut apprendre à reconnaître.
C’est celle-là qu’il faut suivre.
Parce qu’au fond…
La vraie joie ne nous distrait pas de nous-mêmes.
Elle nous y ramène. 💗
Comments