La colère: Quand le cerveau archaïque dit que trop, c’est trop!
- luciedallaire13
- Mar 19
- 3 min read
Dans l’article précédent sur la peur, on a vu que notre cerveau fonctionne encore avec un système d’exploitation vieux d’environ 300 000 ans. Un cerveau conçu pour survivre dans la savane… pas pour gérer les réunions Zoom, les files d’attente et les notifications de téléphone.
La peur sert à détecter les dangers.
La colère, elle, apparaît quand quelque chose dépasse nos limites.
Contrairement à ce que plusieurs ont appris, la colère n’est pas une mauvaise émotion. Il n’y a pas de mauvaises émotions, il n’y a que des émotions mal comprises ou mal gérées. La colère est une émotion naturelle, normale et nécessaire, elle est une source d’énergie et fait partie des émotions qui nous permettent de nous protéger.
Lorsqu’elle apparaît, la colère mobilise nos ressources et nous pousse à agir face à une situation qui nuit à notre bien-être. Elle agit un peu comme un signal d’alarme intérieur qui nous indique que quelque chose ne va pas.
Elle peut signaler, par exemple :
• une menace
• une injustice
• un besoin non respecté
Autrement dit, la colère nous informe que quelque chose dépasse nos limites.
Mais la colère n’est pas toujours spectaculaire. Elle arrive rarement sous forme de cris ou de rage dès le départ. En réalité, elle peut prendre plusieurs visages et se manifester de différentes façons, beaucoup plus subtiles, bien avant de devenir explosive.
Entre quelqu’un qui coupe la file à l’épicerie et quelqu’un qui menace notre sécurité, la réaction ne sera évidemment pas la même… ne devrait pas être la même!
On peut la retrouver dans un spectre qui va de :
• l’irritation
• la frustration
• l’impatience
• l’exaspération
• jusqu’à la colère et même la rage
L’émotion de base est identique, le message reste le même. Seule l’intensité change, et ce, souvent parce que nous avons balayé du revers de la main les irritations et les impatiences… jusqu’à ce qu’il y ait un trop-plein explosif.
Biologiquement et émotionnellement, la colère joue plusieurs rôles importants :
Signal d’alarme
Elle indique qu’une limite a été franchie ou qu’un besoin est ignoré.
Protection
Elle permet de défendre son territoire, son corps, ses valeurs ou quelqu’un qui nous est cher.
Mobilisation d’énergie
Elle donne l’impulsion nécessaire pour agir, changer une situation ou dire non.
Affirmation de soi
Elle aide à poser des limites claires et à exprimer un désaccord.
Sans colère, il serait très difficile de se protéger ou de défendre ce qui est important pour nous.
ET comme pour la peur, il est important de distinguer deux choses : l’émotion de colère et l’état de colère.
L’émotion, elle, est naturelle. Elle apparaît, transmet son message… puis disparaît. En revanche, l’état de colère est souvent alimenté par ce qui se passe ensuite dans notre tête. Les monologues intérieurs, par exemple, peuvent facilement alimenter la colère et la retenir en nous vraiment longtemps. Faites attention à votre petite voix intérieure qui aime bien s’y accrocher :
« Pourquoi c’est encore moi qui… »
« Ce n’est pas juste. »
« Je suis tanné de… »
« Franchement, il aurait pu… »
Plus on nourrit ces pensées, plus la colère reste active et plus on s’éloigne du message qu’elle essaie de nous transmettre. Il est souvent beaucoup plus facile de s’accrocher à la colère comme une armure que de faire une véritable introspection et d’apprendre à nommer et faire respecter nos limites.
La colère est une messagère extrêmement directe, avec des messages assez simples à comprendre… mais oh combien difficiles à mettre en pratique!
La colère n’est donc pas le problème...
Le vrai défi, c’est d’avoir le courage de faire ce qu’elle nous demande.
Comments