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Ne tirez pas sur le messager

Pourquoi vos émotions ne sont pas le problème


On nous a appris à classer les émotions. Certaines seraient nobles et d’autres malsaines, voire inacceptables.


La colère est déplacée.

La peur est un signe de faiblesse.

La tristesse est trop lourde.

Même la joie doit parfois être calmer parce que le bonheur ça énerve les autres…


Très tôt, on comprend lesquelles montrent qu’on est une « bonne personne »… et lesquelles doivent être contrôlées, avalées ou maquillées.


Mais biologiquement, aucune émotion n’est mauvaise.


Aucune.


Une émotion est une réponse physiologique intelligente.

Un signal.

Un message.


Et pourtant, dès qu’elle dérange, on tente de la faire taire.


Une émotion pure traverse le corps en environ 60 à 90 secondes. Ce qui dure des heures, des jours, parfois des années… ce n’est plus l’émotion.


C’est l’histoire que nous construisons autour.

C’est le discours intérieur.

C’est le jugement.

C’est la résistance.


Nous n’avons pas appris à ressentir nos émotions, nous avons appris à les contrôler… Vraiment ? Je ne crois pas. Nous avons plutôt appris à les ignorer.


Alors l’émotion reste coincée.

Elle se transforme en tension.

En état chronique.

Et même en personnalité.


Parfois on finit par croire que l’émotion est le problème.


Personnellement, je travaille principalement avec cinq émotions : la colère, la tristesse, la peur, le dégoût et la joie. Non pas parce qu’il n’en existe que cinq, mais parce qu’une grande partie de nos états émotionnels sont des variations de ces cinq-là.


Prenons la colère.


L’impatience et la rage ne sont pas deux émotions différentes. C’est la même énergie. Ce qui change, c’est l’intensité.


Entre « tu me déranges un peu » et « ma vie est en danger », il existe un kaléidoscope de nuances.


Irritation → Impatience → Frustration → Colère → Rage


Même message.

Volume différent.


L’émotion n’est pas excessive, elle est proportionnelle à ce que notre système perçoit.


Voici un exemple : imaginez-vous une falaise spectaculaire qui donne sur un paysage éblouissant.


Si vous avez le vertige et que vous vous approchez du bord, votre corps réagit : mains moites, souffle court, estomac noué. Votre corps crie la peur.


Mais si vous êtes passionné de base-jumping et que vous vous préparez à sauter, votre cœur bat tout aussi vite. L’adrénaline circule. Le corps s’active.


Cette fois, vous appelez ça excitation. Votre corps ressent une joie immense à l’idée de sauter d’une falaise!


L’émotion est un signal brut. C’est le mental qui lui donne un récit.


Certaines approches parlent de l’alignement intérieur comme d’une direction que l’on ressent avant même de la comprendre. Une sorte de boussole intime.


Les émotions fonctionnent ainsi. Elles sont des indicateurs de position et non pas des verdicts pour décrire qui nous sommes. Elles signalent qu’une limite est franchie, qu’un besoin n’est pas comblé, qu’un danger est perçu ou qu’un élan est vivant.


Les rejeter ne nous rend pas plus évolués.Cela nous rend simplement déconnectés.


Une émotion écoutée traverse.

Une émotion combattue s’installe.


Alors peut-être que la prochaine fois qu’une émotion surgit, la question ne sera pas :

« Comment faire pour ne plus ressentir ça ? »


Mais plutôt :

« Que veux-tu me dire ? Je t’écoute… » 🤍

 
 
 

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